© photophonie - Fotolia.com
En février 2013, un père de famille a passé 4
jours au sommet d’une grue afin d’obtenir le
rétablissement de son droit de visite. Un fait qui met une nouvelle
fois en évidence le droit des pères souvent lésés devant les
tribunaux. Maître Franck Méjean, avocat spécialisé dans la défense
des enfants de la séparation et membre du comité d’honneur de
l’association SOS Papa, nous explique.
-
Quel regard portez-vous sur les événements de Nantes et
l’action de ces 2 pères divorcés qui se sont retranchés au
sommet d’une grue en signe de protestation ?
«
Pour le père de Nantes, j’ai surtout l’impression
qu’il n’est pas tombé sur le bon cheval (NLDR : en
parlant de son avocat) ! Tout au long de l’affaire, on a pu
d’ailleurs constater qu’il n’a jamais été
accompagné de son avocat une seule fois. Une telle situation est
complètement scandaleuse. J’ai vraiment le sentiment que ces
actions ne sont que la traduction d’un profond mal-être, vécu
par ces pères qui se sentent complément abandonnés par le système
judiciaire. »
-
Alors que le statut des pères évolue (congé parental accordé, père
qui fait le choix de rester à la maison pour élever ses enfants
etc.), les tribunaux semblent toutefois encore privilégier les
mères (elles obtiennent la garde principale dans près de 80 % des
cas). Comment l’expliquez-vous ?
«
Principalement parce que le droit de la famille est très
mal « considéré » en France. Les juges sont en position de
« toute puissance » et la plupart du temps, les magistrats qui se
retrouvent affectés aux Affaires familiales ne le sont pas par
choix.
J’avais, à ce propos, fait part de mes
observations il y a presque 30 ans, quand j’ai rencontré
Georgina Dufoix, alors Secrétaire d’État à la famille. Pour
moi, il était déjà nécessaire de créer une spécialisation «
Affaires familiales » et une formation complémentaire afin de mieux
accompagner les magistrats à inscrire une justice plus cohérente et
à les doter de nerfs plus solides. Contrairement aux grandes
villes, les juges en province peuvent instruire jusqu’à 10-15
dossiers de divorces par jour. Comment voulez-vous que la justice
ne manque pas d’humanité ? »
La suite sur Quintonic :
http://www.quintonic.fr/loisirs/magazine/famille/droit-des-peres-divorces-c-est-mon-fils-ma-bataille?cmpid=S20-news
Commentaires